Léon l'artiste

• Spectacle de & par •
Christophe Briand

Léon, vu par


Luc Antoni - Metteur en scène

Léon connaît tout le monde, tout le monde le connaît, mais personne ne l'écoute vraiment.

Au début on rit de lui, "l'idiot du village" pour les citadins, "l'artiste" pour les gars du cru. Puis on regrette et c'est lui qui rit à son tour !
Car ses gestes maladroits, sa tenue désuète cachent un observateur subtil, un témoin gênant de notre époque... Léon fait partie des "gens de peu" sans sous, sans dipômes, sans ambition sociale mais qui vous démontent "une usine à gaz" en un regard, une réflexion.

Sans sous, sans dipômes, sans ambition sociale...voilà le minimum nécessaire aujourd'hui pour être mis de côté. privez-le également de la consolation vaniteuse de se prendre pour un rebelle, de la solidarité indéfectible des piliers de bar et vous aurez la pleine mesure de son exclusion.
Léon me rappelle les personnages que Bourvil incarna au cinéma.

Ils sont encore nombreux de nos jours et leur solitude doit être encore plus forte qu'a l'époque, tout noyés qu'ils sont dans ce monde pressé dans finir avec ce qu'il reste d'humanité, de poétique.

Malgré le sentiment de toute puissance que nous procure l'euphorie technologique moderne, les raisons de vivre ou de ne plus vivre ne sont ni différentes, ni plus nombreuses, ni plus solides qu'il y a très longtemps.

Voilà ce que je me dis en pensant à Léon.
Il méritait bien qu'on lui offre une chance d'être entendu.

une heure rien qu'à lui, sans être pris pour un con !




Hélène Camus - Camus Diffusion

Léon est un artiste...de la vie.

il aime tout le monde, enfin presque.
Mais aujourd'hui c'est plus pareil, a-t'il vraiment encore ça place?
Alors léon décide d'aller rejoindre là-haut sa mère, elle qui l'aime vraiment.
Pourtant Léon connaît un Ange et puis il avait fait une belle rencontre; un grand secret qui maintenant lui pèse lourd, comme une pierre.

Au moment de se laiser couler, il raconte, Léon, aux grenouilles, à nous peut-être, en tenant fermement un cadeau.




Gwénaël de Boodt - La station théâtre

Léon ne connaît pas le calcul, ce qui ne l’empêche pas de mesurer les sentiments des autres à son égard. Il voyage au gré de ses émotions mais demeure en lui-même dans la ville agitée. Il a des doutes, pourtant il est naïf.

Léon est aujourd’hui au bord du canal, un peu triste, tenté par l’oubli de l’eau. Qu’est-ce que cet « artiste » qu’on colle à son prénom ? Vaut-il pour lui autant que pour un chanteur ou un peintre ? La réponse est peut-être contenue dans ce paquet qui lui est adressé. Posé sur le banc, à côté de lui, il n’ose pas l’ouvrir parce que l’évidence est la même pour tous. Que l’on soit « normal » ou « différent », il faut se faire violence pour apprendre l’amour… ou la désillusion.

Dans ce monologue écrit par lui même et mis en scène par Luc Antoni, le comédien Christophe Briand nous tient en haleine avec humour et profondeur. Son jeu est subtil, son personnage touchant et le public ne peut en sortir indemne.